Un simple manque de chance, seulement ?

Chronique du 15 décembre 2008:

Les résultats de ce week-end interpellent et surtout le fait que Toulouse est la seule équipe encore en position de se qualifier pour les quarts de finale de la HCup. Simple passage à vide ou tendance lourde pour le rugby français ?

Après l’équipe de France, les clubs ?                                                                                                                La France est seulement la 7ième nation mondiale, je ne vais pas revenir là-dessus, et ses clubs souffrent actuellement en Coupe d’Europe. Il y a deux façons d’interpréter la situation, soit comme tout le monde l’a fait après la défaite de l’équipe de France contre l’Australie, on utilise le conditionnel et on se rassure en disant que l’on a failli gagner et que la prochaine fois, c’est sûr…, soit on s’alarme en se disant que les résultats actuels sont largement insuffisants et on mène une réflexion d’ensemble visant à définir une stratégie qui doit permettre de rendre à nouveau le rugby français performant. En ce qui me concerne, je ne crois pas que la situation soit désespérée, au moins au niveau des clubs, mais je vais quand même mettre en exergue quelques éléments de réflexion.

Une préparation physique tronquée cette saison.                                                                                           Si les joueurs évoluant en France ne sont pas si performant que cela en cette première partie de saison, ils le doivent principalement à une préparation physique tronquée lors de la pré-saison. Seulement 5 semaines là où les anglais étaient plutôt sur 8 alors que les Gallois et Irlandais, eux, ont pu axer toute leur préparation par rapport à la Coupe d’Europe, véritable objectif de la saison de leurs provinces, c’est obligatoirement un déséquilibre qui handicape les clubs français. La raison à cela en est encore la Coupe du Monde 2007 organisée en France qui a décalé la saison 2007-2008 et donc la reprise de l’entraînement en prévision de celle-ci. C’est purement circonstanciel et la différence de forme physique va même s’estomper avec les anglais après les fêtes car, ceux-ci n’ayant pas de coupure, ils manqueront de fraîcheur physique sur la fin de saison. Malheureusement, à part peut-être Toulouse, les clubs français ne pourront en profiter en Coupe d’Europe. 

Des clubs aux structures insuffisantes.                                                                                                 Encore une fois, mis à part Toulouse, les structures administratives et sportives des clubs français ont encore un temps de retard vis à vis de leurs adversaires. Depuis l’arrivée du professionnalisme, les clubs anglais se sont structurés en embauchant des professionnels aux différents niveaux que ce soit marketing, médical et sportif là où, trop souvent, les français se sont contentés de confirmer les systèmes plus ou moins bénévoles qui existaient jusque-là, renforçant jusque ce qu’il faut le marketing ou le médical. Ce n’est à mon avis pas un hasard total si ce week-end marque un constat d’échec autant pour Biarritz que pour le Stade Français. Ces deux clubs où l’omniprésence du président masque la légèreté des structures, où l’irrationnel l’emporte trop souvent sur le rationnel sont un bon exemple des bons et des mauvais côté du rugby français. Le problème est que le rugby mondial, et plus particulièrement européen, continue de se structurer et de progresser là où celui de l’hexagone fait peut-être un peu trop de sur-place.

Quel avenir pour le rugby français ?                                                                                                      Encore une fois, les résultats actuels en Coupe d’Europe me semblent conjoncturels. Les clubs français ne sont pas largués en Coupe d’Europe, il n’y a qu’à voir les victoires de Perpignan et Montauban ce week-end contre Leicester et Sale pour se rassurer,  et, d’ailleurs, une victoire finale en HCup de Toulouse parait largement possible en mai prochain. Peut-être que, finalement, la véritable explication est que la saison 2008-2009 de Top14 marque une transition dans les forces en présence du rugby français et que si des clubs comme Paris et Biarritz sont en train de perdre de leur puissance, ils se verront remplacés dans le futur au niveau européen par des clubs comme Bayonne, Montpellier ou Toulon ? Qui sait…

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