Stade Français, jour sans ou vrai accident ?

La défaite de Paris face à Toulouse pose question. Non pas que Paris ne puisse pas perdre contre une équipe de Toulouse qui aujourd’hui maîtrise de manière exceptionnelle toutes les facettes de son jeu, non, bien sur, il n’y a rien de déshonorant à perdre contre l’équipe de la ville rose en ce moment, mais c’est plutôt la manière avec laquelle les joueurs Parisiens n’ont pas vraiment existé tout au long de ce match qui interpelle. Le Stade français était invaincu depuis le début de la saison et a pourtant pris une leçon de rugby. Tentative d’explication.

Absence de physique:

C’est pour moi la grosse surprise de ce match. Les Toulousains ont dominé de la tête et des épaules leur adversaire à ce niveau. Au niveau des avants, les Parisiens ont subi dans les regroupements, ce qui a donné de bons ballons de récupération à leurs adversaires. Ils ont aussi subi au centre du terrain où la paire Jauzion Fritz a pesé physiquement sur le match et ils ont même été pris dans le jeu de déplacement où les Toulousains donnaient toujours l’impression d’avoir un temps d’avance.

Est ce que cette différence entre les 2 équipes peut venir de la préparation physique  à la sauce Australienne que les Parisiens ont connue cette année ? Pour avoir expérimenté ce type de préparation physique très anglo-saxon lorsque je jouais chez les Harlequins, j’ai tendance à penser que oui. En effet, les Parisiens ont eu une préparation très accès sur l’explosivité et la force en occultant le travail d’endurance et de résistance qui est, par contre, un des points forts de la préparation Toulousaine ( que j’ai connue aussi ). L’avantage de la méthode Australienne est que les joueurs en ressentent  les bienfaits dès les premiers matchs de la saison avec un gain de puissance qui est la résultante de la force et de la vitesse. L’inconvénient c’est que, par contre, dans un championnat à la française, long et tortueux, les joueurs manquent d’essence en fin de parcours car ils n’ont pas le fond d’endurance qui permet de résister et de répéter longtemps les efforts.

Le problème, pour ce match précisément, c’est que l’on est encore dans la première partie de la saison. Donc ma théorie ne tient pas. Sauf que les Toulousains ont démarré le match à 200 à l’heure et que l’intensité pendant les 20 premières minutes a été énorme. Les organismes ont été hyper-sollicités dans la répétition des efforts et, seule, une équipe a été capable de répéter les efforts et de gérer la montée d’acide lactique dans le muscle. Cette équipe, c’est Toulouse pour les raisons que je viens d’évoquer.   

Absence de leaders :

Autre surprise côté Paris, c’est l’absence de révolte et surtout de leader pour exprimer cette révolte. On savait cette équipe très dépendante des performances de son maestro argentin Juan-Martin Hernandez et sa sortie a certainement perturbé les joueurs d’autant plus que, cette fois, Lionel Beauxis est passé à côté de son match. Pourtant, des joueurs capables de mener la révolte, il y en avait sur le terrain : Szarzewski, Parisse, Rabadan, Oelschig notamment. L’absence de Liebenberg a, par contre, été préjudiciable à ce niveau dans le combat au centre du terrain. En tout cas aucun de ceux qui étaient sur le terrain n’ont donné l’impression de se révolter en 2ième mi-temps et l’équipe n’a quasiment jamais donné l’impression de savoir comment jouer Toulouse. Pourquoi ?

Et bien, si l’on reprend la première partie de mon explication, on a un début de réponse. Le début de match très intense et le déficit d’endurance des Parisiens a condamné l’équipe de la capitale qui n’avait pas les moyens de contrer son adversaire. Et ceci est vrai aussi pour les leaders de l’équipe qui ont beaucoup donné en première mi-temps et n’ont plus eu la lucidité physique et mentale suffisante après pour remettre l’équipe dans le sens de la marche. 

La fin des expériences à certains postes ?

Toulouse a, avec ce match, mis le doigt sur une autre faiblesse Parisenne. On ne s’improvise pas seconde ligne de métier ou arrière pour un match de ce niveau. Le pack Parisien a subi face à son adversaire et un second deuxième ligne de fort tonnage au côté d’Arnaud Marchois n’aurait pas fait de mal. De même la précision des coups de pieds de David Skréla a mis en lumière le placement approximatif de Lionel Beauxis qui n’est pas un arrière de métier. Paris a certains déséquilibres dans son effectif qui ne s’expliquent pas seulement par les blessures et demander à certains joueurs de rendre service n’est pas une solution suffisante lorsque l’on atteint le très haut niveau. 

Est ce que la situation est grave ?

Bien sur, une seule contre performance ne suffit pas pour déclarer l’état d’urgence d’autant plus que Paris est toujours leader du Top14 mais, en tout cas, il est certain que ce match doit servir à Ewen Mac Kenzie pour modifier le cap. L’élément qui me parait essentiel pour faire progresser l’équipe est d’ajouter une dose d’endurance dans sa préparation physique et ce, même si maintenant que la saison est lancée, ce sera beaucoup plus compliqué à mettre en place efficacement. Ensuite, l’entraîneur Parisien doit aussi comprendre qu’à la différence des joueurs Australiens qui sont à la base des athlètes qui deviennent ensuite des joueurs de rugby, les joueurs français ( et même argentins et italiens ) sont d’abord des joueurs de rugby dont l’entraîneur essaye ensuite de faire des athlètes. Ce qui fait que non seulement la préparation physique d’avant saison est essentielle a la performance des joueurs mais que aussi le bagage technique qu’ils possèdent à leurs postes de prédilection ne se conjugue pas toujours très bien à un autre. Bien sur les rentrées de Corletto à l’arrière et de Papé et Auradour en 2ième ligne apporteront de nouvelles solutions mais, en attendant, le staff Parisien se doit de moins faire dans l’expérimental et plus dans l’équilibre et le complémentaire que ce soit au niveau des avants ou des trois-quarts !

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