Paris n’y arrive pas !
chronique du lundi 11 mai 2009
Au moment d’attaquer la dernière ligne droite et de se mettre en ordre de bataille pour les demi-finales, Paris montre de sacrée lacunes plus qu’inquiétantes pour un supposé prétendant au titre de Champion de France. Tour d’horizon des faiblesses Parisiennes.
Un jeu d’avant qui ne pèse pas sur les matchs :
Même si Biarritz est, en ce moment, redevenu une référence à ce niveau, le jeu d’avant Parisien est trop souvent défaillant pour permettre de servir de rampe de lancement efficace. La touche du Stade Français s’est montrée totalement défaillante face à son adversaire Basque. Pire même, on n’a pas senti les joueurs de la capitale capables de se prendre en main et de proposer de vraies alternatives pour contourner le bel alignement Biarrot, continuant à reproduire les mêmes erreurs avec constance à longueur de match. En mêlée, même si on a eu l’impression d’un mieux en première période, la mêlée Parisienne a souffert le martyr aux moments cruciaux. Les retours de Papé et de Ledesma apportent plus de solutions aux entraîneurs mais aucune garantie quant à la solidité de l’édifice même si l’on peut penser qu’en mettant Roncero à gauche et Marconnet à droite, le pack Parisien devrait tenir la route en demi-finale.
Au niveau des regroupements enfin, les Parisiens ont pris une leçon technique par leur adversaire Biarrot. Plusieurs fois, un seul joueur Basque, même entouré par ses adversaires, suffisait pour prendre la position préférentielle au-dessus du plaqueur et mettre la main sur le ballon sans que personne n’arrive à le déloger jusqu’à ce que l’arbitre siffle pénalité pour ballon gardé au sol par le joueur plaqué.
Tout cela mis bout à bout fait beaucoup pour une équipe qui prétend au titre de Champion de France. Si les joueurs Pariseins ne sont pas capables d’élever leur niveau de performance très vite à ce niveau-là, ils ne peuvent espérer exister en phase finale.
Un jeu de ligne bien approximatif :
Les trois-quarts Parisiens ont eu plusieurs fois l’occasion de mettre à mal la pourtant très organisée défense Basque. Mais, à chaque fois, une incompréhension ou de mauvais placements sont venus faire échouer l’action. J’ai encore en tête l’action Parisienne qui amène l’essai de… Damien Traille : percée de Matthieu Bastareaud qui met à mal le premier rideau défensif et arrive au niveau des 22 mètres adverses. Regroupement avec sortie rapide pour Oelschig qui veut alerter sa ligne de trois-quarts. Le demi de mêlée Parisien cherche son ouvreur et se trouve à la place avec un groupe de joueurs, plutôt des avants, dont aucun ne se saisit de la passe qui finit par rouler au sol. Coup de pied Biarrot et c’est la contre attaque conclut victorieusement par l’ouvreur Basque. Cette action est révélatrice des manques Parisiens à ce niveau. Il y a eu, face à Biarritz mais c’est de toute façon une constante du jeu Parisien cette saison, un manque de fluidité dans le jeu de trois-quarts et une absence d’automatisme qui est dramatique à ce moment de la saison. Les Parisiens jouent comme s’ils se découvraient et apprenaient à se connaître, ralentissant les actions en se cherchant du regard alors qu’en fin de saison ils devraient se trouver les yeux fermés !
Que peut espérer Paris en demi-finale ?
Avec ce niveau de rugby, pas grand chose. L’équipe joue actuellement comme si elle avait la tête ailleurs. Le jeu d’avant manque de la précision qu’ont les équipes qui sont concentrées sur le sujet et le jeu d’attaque est cruellement pauvre, Paris se reposant pendant les trois-quarts du match sur des coups de pied en chandelle pour mettre son adversaire sous pression. Est ce que le départ de Fabrice Landreau a une incidence sur la manière de travailler à l’entraînement ? Est-ce que la découverte de la fonction d’entraîneur par Christophe Dominici explique les manques du jeu de ligne Parisien ? Et est ce que l’absence de Erwen Mc Kenzie sur le terrain dans le travail quotidien des joueurs a des répercussions ? Je ne vis pas avec l’équipe pour avoir des réponses certaines mais poser ce type de questions, c’est déjà se donner un début de réponse.
En tout cas, Paris n’a plus le choix maintenant, à 15 jours d’une demi-finale qui pourrait les voir affronter Perpignan. En récupérant pas mal de blessé, le pack Parisien peut espérer tenir la route à condition d’améliorer considérablement la précision dans la coordination lanceur – sauteurs. Quant aux trois-quarts, épaulés par une troisième-ligne de haut niveau, il y a suffisamment de talents individuels pour que Paris reste un adversaire difficile à battre.
Le fait de rencontrer Perpignan en demi-finale plutôt que Toulouse peut être un élément décisif. Les Catalans, si brillants en début d’année, ont quelque peu perdu de leur superbe. Leur mêlée a connu quelques problèmes récemment, leur touche en l’absence de Hines est moins performante et leur ligne de trois-quarts semble un peu moins irrésistible. Si Erwen McKenzie aligne l’équipe qui me semble la plus à même d’être performante c’est à dire Roncero-Szarszewski-Marconnet- Papé-Marchois ou Auradour ( pour la touche )- Léguizamon-Parisse- Bergamasco- Albouy- Beauxis- Gasnier- Liebenberg- Bastareaud- Arias- Hernandez, alors Paris comme elle sait si bien le faire sur des matchs couperets peut surprendre son adversaire. Sinon, elle finira piteusement une saison qui aura alors été bien maussade…
Bonjour,
Je partage votre analyse, notamment en ce qui concerne le fait que rencontrer Perpignan serait plus favorable pour Paris que de rencontrer Toulouse. Les joueurs avaient-ils cela en tête hier soir ? Il n’en reste pas moins que le jeu des parisiens est laborieux. A leur décharge, peut-on relever qu’ils n’ont pas pu encore une fois jouer avec leur équipe au complet (Beauxis et Pichot blessés). La seule réserve à votre analyse concerne l’équipe type : je ne trouve pas qu’Albouy soit au niveau, je pencherai plutot pour Pichot et Olshig remplaçant (en plus il peut buter) ; je suis partagé quant aux prestations de Mauro Bergamasco, est-il meilleur que Rabadan ou Taylor, pas certain ; et enfin Leguizamon, très bon joueur, doué, adroit, mais qu’il se concentre et joue sérieusement (encore hier la passe en lobe qu’il fait à Bastareaud est indigne de lui), en général, avec lui, on a droit à au moins une cagade par match.
J’oubliais dans mon ancien commentaire, j’attends votre réponse avec impatience sur mon constat monsieur Bénézech.
Quel commentaire et quel constat, Stéphane ?
Cordialement
Laurent Bénézech
Un problème informatique:
Je partage votre analyse, sur le fait que Paris va mal, dans son jeu ce qui entraîne des conséquences sur les résultats et c’est ce qui est problématique surtout à 3 semaines des demi-finales et avant un match des plus durs face à Bayonne, surtout à Jean-Dauger. Cependant je voudrais vous soumettre mon point de vu sur le pourquoi du mal-être parisien. Retour en arrière dans la saison du club de la capitale: Selon moi il y a trois tournants dans la saison du Stade Français, tout d’abord la défaite face au Stade Toulousain au Stade de France, suivi d’une défaite à Clermont et à Montpellier. Ces trois défaites la machine très bien huilé parisienne qui marchait à merveille depuis le début de la saison. Paris semble cependant pouvoir se relever mais les deux défaites en H cup et particulièrement chez les Harlequins fait mal, très mal. A cela il faut ajouter que c’est déjà la deuxième défaite au Stade France. Paris repart cependant de l’avant en écrasant Bayonne et Dax. Mais arrive selon moi le dernier coup de massue : le match contre Perpignan ou Paris,qui semblait s’être enfin réveillé, mène durant toute la rencontre avant de se voir rattraper, et même éviter la défaite de justesse à la fin du match. Cela fait le troisième match sans victoire du Stade dans sa deuxième maison: le stade de France. A partir de là, pour moi, les Parisiens ne se sont jamais relevés, ils n’ont jamais été en mesure de retrouver le niveau qu’était le leur au début de la saison. On a l’impression d’une équipe incapable de se reprendre sans leader sur le terrain et en dehors. Cette équipe déambule sans savoir où elle va, la preuve depuis le match contre Perpignan : 9 matchs, 5 défaites, 4 victoires, toutes aussi peu glorieuses les unes que les autres : Toulon (22-12), Bourgoin (53-3) cette victoire large n’est seulement selon moi due à la très grande faiblesse de Bouroin, Montpellier et Castres, deux matchs qu’ils auraient pu perdre au vu de leurs piètres prestations.
Au final cela nous donne l’impression d’une équipe qui a tout donné au début de saison et qui s’essouffle au fur et à mesure sans pouvoir retrouver un second souffle (chose que vous nous aviez expliqué à propos de la préparation physique du début de saison faite par Mc Kenzie copié sur le modèle du sud). On peut même dire que le club de Max Guazzini a eu de la chance que le Biarritz Olympique ait eu un début de saison très compliqué car sans ça, je ne suis pas sur qu’il serait qualifié pour les demi-finales, de même pour Brive et son début de saison difficile : 4 défaites et un nul en 5 matchs.
Selon moi, il faudrait donc un miracle pour que les hommes de Dominici arrivent à faire quelque chose en demi-finales car le mal est très profond, il date depuis très longtemps, trop longtemps. A se demander pourquoi personne n’a tenté de faire quelque chose pour sortir le club de ce très mauvais pas.
Steph91
PS: heureusement que j’ai pensé à enregistre mon message sur word !
Oui, heureusement que vous l’aviez enregistré ! Pour vous répondre je vous renvois à mes chroniques sur le Stade Français qui date du 26 octobre et du 8 avril qui reste d’actualité. Le Stade Français peut encore être champion de France en rencontrant par exemple Perpignan en demi et Clermont en finale mais il faudra pour cela que ses adversaires se mettent au niveau des Parisiens en déjouant ce qui est toujours possible et fait d’ailleurs la beauté du sport !
Laurent Bénézech