Equipe de France : une équipe et un ouvreur.

Battre l’Irlande 30 à 10 est un exploit qu’aucune autre équipe n’a pu réaliser depuis bien longtemps ( l’Angleterre en 2008 ) et il faut tirer un coup de chapeau à l’équipe de France pour l’avoir fait. Et si le score est aussi lourd, il faut féliciter les joueurs tricolores autant pour leur capacité à défendre que pour leur efficacité à marquer quand les occasions se sont présentées. 2 essais en 1ère mi-temps en 5 minutes alors que les Irlandais ont passé quasiment un quart d’heure à 14 ( carton jaune de Healy + blessure de Kearney sur l’action qui précède l’essai de Jauzion ), c’est d’autant bien joué que les Irlandais ne se remettront jamais d’une telle domination au score. 17 à 3 à la mi-temps, le plus dur était fait, et ce d’autant plus que la défense française a toujours pris le pas sur les capacités d’attaque irlandaises ( à l’exception de l’essai de Wallace ). Mais plus encore que ce déroulé de la rencontre, il y a 2 enseignements très forts à ressortir de ce match.

Un véritable esprit d’équipe :

Une défense conquérante n’existe que grâce à la solidarité et à l’esprit d’équipe qui lie les joueurs entre eux et fait que chaque maillon n’agit qu’en fonction des autres. Ainsi si un maillon lâche, percée de D’Arcy en début de match, les autres se resserrent immédiatement pour compenser et reprendre le contrôle de la situation. C’est ce qui s’est passé tout au long du match et plus particulièrement pendant le premier quart d’heure et c’est ce qui a, ainsi, permis de n’encaisser aucun point pendant quasiment les 30 premières minutes. C’est d’abord là que les français ont remporté la rencontre, les attaques Irlandaises étant incapables de trouver les failles dans notre système défensif. A ce sujet, il faut dire que les Irlandais sont allés trop souvent chercher l’extérieur et n’ont pas su charger au coeur des regroupements pour fixer nos avants avant, éventuellement, de donner moins de ballons mais uniquement les meilleurs aux trois-quarts. Du coup, nos avants ont pu moins se consommer dans le combat au près et ils ont pu couvrir un terrain énorme à l’image des Ouedraogo, Dusautoir et Harinordoquy, c’est normal, c’est leur boulot, et des Nallet, Pape, Servat et Domingo, c’était impressionnant dans leur capacité à couvrir toutes les parties du terrain. Du coup, les avants français ont aussi eu la capacité à ralentir les ballons dans les regroupements, au moins suffisamment pour donner les quelques secondes de répit nécessaires à la ligne défensive pour se replacer, ce qui n’a jamais permis aux attaques vertes de garder l’avantage initial sur la défense bleu. Les trois-quarts n’ont pas été en reste, avec notamment une charnière qui n’a pas eu peur de plaquer plus que de mesure.

Ce qui est intéressant dans cette victoire et la manière collective dont elle a été réalisée, c’est que ce n’est pas la première fois que cela arrive et que c’est surtout en train de devenir une marque de fabrique de l’équipe façonnée par Marc Lièvremont. La victoire contre le Pays de Galles, tournoi 2009, celle en Nouvelle-Zélande, juin 2009 et celle contre l’Afrique du Sud à Toulouse en novembre dernier prouvent que cette force collective fait maintenant parti du code génétique de cette équipe. C’est d’autant plus important que quand tout n’est pas parfait, comme la conquête hier, l’équipe de France garde une fondation solide qui lui permet de battre les meilleures équipes…

Un ouvreur qui monte en puissance : François Trinh-Duc.

François Trinh-Duc n’est pas encore le patron de la ligne de trois-quart française comme un ouvreur international doit l’être mais c’est normal. Il n’a que 23 ans, ne joue en équipe de France que depuis 2 ans et ne peut se considérer comme un titulaire en puissance que depuis 2 ans seulement. Il a encore une marge de progression énorme mais ce qu’il a montré face à l’Irlande est plus qu’intéressant car il a délivré une copie beaucoup plus équilibrée en termes de choix de jeu et d’animation offensive que précédemment. Il a su alterner coup de pied offensifs, chandelles et diagonales, avec les longues sautées dont il a le secret et qui font généralement mouches, essai de Poitrenaud par exemple. Il a aussi pu être un recours pour dégager son camp et faire souffler son équipe. Son engagement physique et sa capacité à défendre ont hier été sans faible, mais ça on le savait déjà. Il a délivré ce 13 février sa meilleure copie, peut être pas sa plus brillante ( certainement la victoire en Nouvelle-Zélande en juin 2009 ) mais définitivement celle qui ressemble le plus à un ouvreur de métier autant que de classe qui sait faire les bons choix au moment où ceux-ci s’imposent. Si l’équipe de France a été aussi réaliste, si Yannick Jauzion s’est retrouvé dans un espace laissé libre par la défense Irlandaise, si Earls, repositionné arrière, a passé une mauvaise soirée, si Mathieu Bastareaud a eu la possibilité de jouer un 1 contre 1 et d’offrir l’essai à Clément Poitrenaud et si quasiment aucun Irlandais n’a réussi à nous transpercer au niveau de notre charnière,… sont autant de preuves de l’efficacité de François Trinh-Duc dans ce match.

Cette performance contre l’Irlande doit servir à l’ouvreur Montpelliérain pour se construire en tant que joueur et surtout capitaine de jeu. Il doit maintenant prendre confiance dans sa capacité à commander la ligne de trois-quart de l’équipe de France et à être l’ordonnateur parfait relais des stratégies mises en place dans la semaine avec les entraîneurs. C’est de cette manière qu’il pourra passer un cap, qu’il sera capable d’influer sur le jeu de l’équipe même lorsque les choses vont moins bien et surtout les avants ne sont pas aussi dominateurs. Cette démarche est importante et ce même si ce n’est pas obligatoirement dans sa nature d’être un leader, quelqu’un qui accepte le poids des responsabilités. En décidant de jouer demi d’ouverture, François Trinh-Duc a fait le choix de devenir plus qu’un joueur, un décideur. A lui de l’accepter et surtout de le concrétiser…

Ce qui a moins bien marché : conquête et complémentarité.

Il est surprenant que l’équipe de France ait battu l’Irlande en étant dominé en touche et pas aussi dominatrice que cela en mêlée. En effet, la clé de ce match semblait résider dans la capacité des joueurs français a être performant dans les phases de conquête mais ils ont prouvé qu’il y avait d’autres façons de conquérir la montagne Irlandaise. Tant mieux mais il est finalement un peu décevant de voir que notre touche a souffert la comparaison face à ce bel adversaire. Avec des joueurs de la qualité individuelle  d’Harinaordoquy ( et Bonnaire ), Ouedraogo ainsi que Papé et Nallet et des lanceurs comme Servat et Szarzewski, les français auraient du trouver plus rapidement des solutions. Une évidente viendra le jour où Marc Lièvremont pourra aligner une seconde ligne idéalement complémentaire avec un joueur très grand par la taille qui soulagera Harrinordoquy ( ou Bonnaire ) comme tour de contrôle.

La mêlée française a donné l’impression de dominer sa rivale. Ca a été partiellement vrai lorsque les Irlandais se sont retrouvés à 7 mais, même à ce moment-là, la domination des français ne s’est pas traduite directement par un essai. On a même connu le pire lors du retour de Mas, blessure de Marconnet, mais on peut penser que le pilier Catalan a été surpris de devoir revenir sur le terrain et qu’il n’était pas, à ce moment-là, près. La preuve en a été la revanche prise sur la mêlée qui a suivi. Il ne faut donc surtout pas critiquer ce qui a été encensé la semaine précédente et seulement constater que la mêlée Irlandaise est devenu plus performante à force de travail, sa 1ère rencontre contre l’Italie l’avait déjà laissé penser.

Même si aujourd’hui tout semble beau, il ne faut pas totalement occulter les problèmes de complémentarité en prévision d’objectifs plus élevés comme la Coupe du Monde. Il est d’ailleurs bizarre de penser que cette équipe construite par la force des choses, absences de joueurs cadres, pourrait se retrouver à disputer le Grand Chelem en mars et s’offrir la meilleure perfromance de l’ère Lièvremont sans justement des joueurs qui semblent indispensables pour l’encadrement français. Cela est certainement la preuve de la richesse du réservoir national mais ne résoud pas tous les problèmes dans la perspective d’une stratégie en vue de la Coupe du Monde. Certaines associations ne donnent pas toutes les garanties de complémentarités et ce malgré une aussi belle victoire. Je pense à la charnière, au centre, en deuxièmes ligne et un peu moins en 3ième ligne où Ouedraogo et Dusautoir ont, lors du match de l’Irlande, fait taire certaines de mes craintes.

Morgan Parra et François Trinh-Duc ont individuellement rendu de belles copies mais leur association réduit, malheureusement, la panoplie idéale d’une charnière bonne en distribution, c’est le cas, mais aussi forte en pénétration, et c’est là où le bas blesse. Si l’on veut, par exemple, que des opportunités d’attaque s’ouvre autour de la zone du 10, il faut pouvoir fixer la 3ième ligne adverse par la crainte, notamment, de départ au ras d’un demi de mêlée puissant. Pour ce Tournoi, la question est, dès à présent résolue, et c’est tant mieux pour Morgan Parra et François Trinh-Duc qui ont ainsi du temps pour se construire individuellement et collectivement au plus haut niveau mais j’ai peur que la question de quelle charnière pour l’équipe de France reste récurrente jusqu’à la Coupe du Monde. Je n’insiste pas sur la 2nde ligne ( voir plus haut ) ni même sur les centres car il faut aussi savourer l’instant présent et se satisfaire d’une 2ième victoire qui ouvre de belles perspectives pour la suite de ce Tournoi…

Présentation de France-Irlande, Tournoi des 6 nations 2010

Pour savoir si la France possède les armes pour battre l’Irlande, ce samedi 13 février 2010, cliquez sur la vidéo :http://www.vimeo.com/9377020

Equipe de France : Pas de surprise, malheureusement !

Il fallait s’attendre à ce que l’équipe ayant gagné en Ecosse soit reconduite aux blessés prés, c’est fait ( voir ci-dessous ). Et c’est normal au vu du contexte. Mais pourquoi avoir décidé de fonctionner avec 23 joueurs seulement quand il aurait été si intéressant de composer avec un groupe plus élargi ? Pourquoi avec composé lors du premier de ces 2 matchs une équipe faite sur -mesure pour jouer l’Ecosse quand le véritable adversaire, c’est l’Irlande et sa redoutable troisième ligne ? Et surtout pourquoi changer aujourd’hui des règles de fonctionnement mises en application jusque-là ?

Ouedraogo – Dusautoir à l’aile, la vie est belle !

Marc Lièvremont n’a jamais eu peur, jusque -là, de changer des équipes de France qui gagnent soit pour faire souffler les joueurs soit pour s’adapter aux caractéristiques des adversaires. Mais, apparemment, pas cette année et, pour une fois c’est dommage. En effet, il semble important de tenir compte des caractéristiques de l’équipe adverse et ce, d’autant plus, que celle-ci est le champion en titre, vainqueur du Grand Chelem 2009. Bien sûr, il ne faut pas rougir de la comparaison, loin de là, mais à ce niveau de rugby, il est essentiel d’avoir la bonne stratégie et les bons hommes pour la mettre en place. Et c’est là où je me pose des questions quand à la composition de notre 3ième ligne. Comme je l’ai évoqué dans l’analyse du match ce dimanche, le manque de complémentarité entre Dusautoir et Ouedraogo n’était pas un problème contre l’Ecosse mais peut le devenir contre l’Irlande et ce, d’autant plus que l’équipe de France ne semble pas prête pour un jeu de mouvement incessant, où elle multiplierait les temps de jeu jusqu’à épuisement de la défense. Là, oui, le fait d’avoir une 3ième ligne légère et mobile donnerait un avantage indéniable sur l’adversaire. Mais comme notre ligne de 3/4 en construction ne semble pas prête à ce jeu à haut risque ( loin de moi l’idée de le leur reprocher, d’ailleurs ), l’association Dusautoir – Ouedraogo ne vaut que parce que l’adversaire tentera de multiplier les temps de jeu et qu’il y aura alors l’occasion de gratter des ballons. Exactement ce qui s’est passé en Ecosse ! Jusque-là parfait. Mais peut-on croire que l’Irlande qui, maintenant, possède un des meilleurs entraîneurs du monde, va tomber dans le même panneau ?

Les Irlandais, qui vont bien étudier Ecosse – France à la vidéo, vont se dire que si, Beattie et 2, 3 écossais de bonne volonté, ont réussi à nous transpercer dans la zone médiane, il y a de quoi faire pour l’armada des Wallace – Leamey – Ferris, dans un premier temps, et O’Driscoll et consorts ensuite. Leur plan de jeu va, certainement, être, d’abord, d’aller jouer dans le camp français avec le pied d’O'Gara avant, ensuite, de dynamiser le jeu par les avants, avec l’obligation d’aller chercher Dusautoir et Ouedraogo pour les enfermer dans les regroupements, et cela suffisamment jusqu’à ce que le ballon soit sorti rapidement des points de blocage pour que la ligne de trois-quarts arrivent lancé et dans le bon tempo. L’équipe d’Irlande jouera alors en avançant et se procurera certainement des occasions de marquer.

Côté français, il faudra donc prendre le dessus physiquement, plutôt au niveau de la mêlée et des ballons portés, pour fixer la 3ième ligne adverse et donner le champ libre à nos 3/4 et notamment aux pénétrations de Jauzion et Bastareaud. En touche, le challenge est relevé mais l’association Papé – Harnordoquy – Ouedraogo a montré de belles choses en Ecosse et, en défensif, le Basque bondissant peut aller ennuyer le rouquin Irlandais, ce qui serait une excellente nouvelle pour l’issue du match.

Où est Picamoles ?

Pourquoi, oui, pourquoi se passer de Louis Picamoles qui aurait pu amener une densité intéressante en 3ième ligne pour contrer Leamy et Ferris et surtout soulager Thierry Dusautoir quand il va falloir aller se sacrifier aux plaquages face aux lourds de service ? Dans le jeu tel qu’il est actuellement pratiqué par l’équipe de France et surtout face à un adversaire tel que l’Irlande, sa présence semblait évidente comme elle l’a été en novembre dernier face à l’Afrique du Sud. Marc Lièvremont a la chance d’avoir un réservoir de qualité qui lui permet de composer des 3ième lignes différentes selon le contexte : Ouedraogo – Harinordoquy – Dusautoir pour le jeu dynamique ( Ecosse, Nouvelle -Zélande, Pays de Galles,… ) ou Harinordoquy – Picamoles – Dusautoir pour le combat plus au prés ( Angleterre – Afrique du Sud – Irlande en ce moment,… ) avec en plus des doublures quasiment au niveau des vrais : Bonnaire pour Harinordoquy, Diarra, ou Perez pour Dusautoir, Lapandry, Nianga ou Burban pour Ouedraogo, Vermeulen pour Picamoles sans même évoquer le cas de Chabal en numéro 8. Et là, alors que le contexte s’y prête, si l’on ajoute le besoin aussi de protéger les organismes, le staff de l’équipe de France ne le fait pas. C’est d’autant plus surprenant que, justement, cela semblait être sa ligne de conduite. C’est vrai que le découpage du calendrier donne envie de vivre en autarcie sur les blocs de 2 matchs de manière à garder en qualité de travail, mais le profil des 2 adversaires, Ecosse et Irlande, aurait dû donner envie à l’encadrement de fonctionner au moins à 24 en gardant Picamoles sous le coude lors du 1er week-end et en l’intronisant ce mercredi. Bizarre…

Palisson et Clerc, rien que du très logique :

Il n’était pas question, bien sûr, de démonter une équipe en construction et ce, d’autant plus, que les incontournables Traille, Mermoz et consorts, sont toujours blessés. La question serait de savoir si une 2ième chance aurait été immédiatement donnée à Benjamin Fall mais il est blessé et il est de toute façon assez jeune pour revenir très vite, au moins lors de la prochaine tournée. Du coup, l’homme en forme du moment, Alexis Palisson, revient fort et c’est tout à fait normal, au vu de son mois de janvier, qu’il ai été préféré à Julien Malzieu à l’aile. Pareil pour Vincent Clerc, qui de toute façon était déjà dans le groupe, et dont la prestation à Edimbourg aurait méritée au moins un essai. Souhaitons, en tout cas, bon rétablissement à Aurélien Rougerie bien malheureux pour son retour. Pour une fois qu’un plaquage d’ailier était effectué dans les règles de l’art, ce n’est pas de chance…

L’équipe de France pour France – Irlande du 13 février 2010 :

Clément Poitrenaud (Stade toulousain) – Vincent Clerc (Stade toulousain), Mathieu Bastareaud (Stade français), Yannick Jauzion (Stade toulousain), Alexis Palisson(Brive) – François Trinh-Duc (Montpellier), Morgan Parra (Clermont) – Fulgence Ouedraogo (Montpellier), Imanol Harinordoquy (Biarritz), Thierry Dusautoir (Stade toulousain, capitaine) - Pascal Papé (Stade français), Lionel Nallet (Racing-Métro) -Nicolas Mas (Perpignan), William Servat (Stade toulousain), Thomas Domingo(Clermont)

Remplaçants : Dimitri Szarzewski – Sylvain Marconnet – Julien Pierre – Julien Bonnaire – Frédéric Michalak – David Marty – Julien Malzieu -

L’équipe modifiée de Bénézech du Tournoi des VI Nations du 8 février 2010

Changement dans l’équipe de Bénézech avec le remplacement d’un français par un Ecossais ! Et oui, mais c’est le choix des Internautes, donc je m’incline et Sean Lamont remplace Vincent Clerc…

Equipe modifiée de Bénézech du Tournoi du 8 février 2010 :

Arrière : McLean ( Italie )
Ailiers : Trimble ( Pays de Galles ) –  Lamont (Ecosse )
Centres : Hook ( PDGalles ) - Jauzion ( France )
Ouvreur : Wilkinson ( Angleterre )
Demi de mêlée : O’Leary (Irlande)
3ième lignes : Beattie ( Ecosse ) - Harinordoquy ( France ) - Williams ( PDGalles )
2ième lignes : Cullen (Irlande) - Borthwick ( Angleterre )
1ère Lignes : Mas ( France ) –  Hartley ( Angleterre ) - Domingo (France)

Chaque semaine je vous propose mon équipe de la semaine avec les 15 joueurs qui m’ont semblé être les plus performants. Vous n’êtes pas d’accord ? Pas de problème ! Envoyez-moi dans votre commentaire le nom du joueur ( un seul nom par commentaire s’il vous plaît ! ) qui vous parait victime d’une injustice de ma part et rendez-vous chaque mercredi, j’intégrerai dans mon équipe les joueurs qui auront reçu le plus de vote de votre part !

L’équipe de Bénézech du Tournoi des VI Nations du 8 février 2010.

A la suite de la 1ère journée du Tournoi des 6 nations 2010, voici les 15 joueurs dont la performance m’a impressionné. Bien évidemment les Français se taillent la part du lion avec 5 joueurs dont 2 avants. Entre Bastareaud et Jauzion mon coeur a balancé en faveur du second pour sa plus grande régularité sur l’ensemble du match même si jouer à côté de Mathieu Bastareaud en ce moment vous donne toutes les chances de briller. Viennent ensuite l’Irlande et l’Angleterre, autres vainqueurs, avec 3 joueurs chacun. Je dois admettre que j’ai un peu triché en mettant 2 numéro 8 ensemble avec Harinordoquy et Beattie pour 1 seul 3ième ligne aile, Martyn Williams, et que j’ai même failli en mettre 3 avec Easter. L’Italie arrive aussi à glisser 1 joueur avec McLaren, pour une fois qu’un trois-quart Italien fait un match plus que correct, je crois qu’il fallait le célébrer…

Equipe de Bénézech du Tournoi du 8 février 2010 :

Arrière : McLaren ( Italie )
Ailiers : Trimble ( Pays de Galles ) –  Clerc (France )
Centres : Hook ( PDGalles ) - Jauzion ( France )
Ouvreur : Wilkinson ( Angleterre )
Demi de mêlée : O’Leary (Irlande)
3ième lignes : Beattie ( Ecosse ) - Harinordoquy ( France ) - Williams ( PDGalles )
2ième lignes : Cullen (Irlande) - Borthwick ( Angleterre )
1ère Lignes : Mas ( France ) –  Hartley ( Angleterre ) - Domingo (France)

Chaque semaine je vous propose mon équipe de la semaine avec les 15 joueurs qui m’ont semblé être les plus performants. Vous n’êtes pas d’accord ? Pas de problème ! Envoyez-moi dans votre commentaire le nom du joueur ( un seul nom par commentaire s’il vous plaît ! ) qui vous parait victime d’une injustice de ma part et rendez-vous chaque mercredi, j’intégrerai dans mon équipe les joueurs qui auront reçu le plus de vote de votre part !

Equipe de France : L’essentiel est assuré.

L’essentiel, c’est de démarrer une compétition par une victoire. L’équipe de France l’a fait, et plutôt bien, si l’on considère que le match était quasiment gagné à la mi-temps avec 15 à 6 et 2 essais à zéro. Voyons maintenant ce qui a bien et moins bien marché, ce dimanche, à Edimbourgh, et ce, en se plaçant dans la perspective de la réception de l’Irlande, samedi prochain.

Les plus : Les avants, les avants, ainsi que solidarité et réactivité.

Difficile de ne pas dresser un satisfecit d’ensemble aux avants français qui ont surclassé leurs adversaires en mêlée, tout le temps, en touche, quand cela a été nécessaire, et surtout dans les points de rencontres où les bleus ont été capable de gratter beaucoup de ballons, 6 au moins en première mi-temps, ce qui a donné des bonnes opportunité d’attaque à l’exemple de la récupération en début de match qui, après un renversement d’attaque et un petit coup de pied à suivre voit Vincent Clerc terminer dans l’en-but pour ce qui aurait dû être un essai sur le coup mais qui a permis de l’être, 3 minutes plus tard avec la première réalisation de Bastareaud. Il faut surtout féliciter encore un peu plus que les autres les 2 piliers, la 2ième ligne et, encore plus que le reste de l’équipe, Imanol Harinordoquy qui, en plus de ses qualités naturelles est en train de se servir aussi de son expérience pour être capable d’être un 8 autour duquel le jeu de l’équipe peut s’agréger. William Servat a, lui, rendu une bonne copie, sobre et efficace, et je vais reparler plus loin du duo Ouedraogo- Dusautoir.

Autre point positif, la solidarité d’ensemble de toute l’équipe, même si, là encore, ce sont les avants et je pense notamment à Lionel Nallet et Imanol Harinordoquy qui ont fait la majeure partie du travail en bloquant les brèches provoquées par les Beattie, Evans, Lamont, Morisson,… Ceci a permis aux Français de ne jamais être complètement débordés et de ne pas encaisser d’essais. Au vu des nombreuses pénétration des Ecossais il est difficile de dire que la défense française a été performante, en tout cas pas la défense de ligne, mais au vu du résultat, aucun essai encaissé, cela reste positif. Le problème, c’est que ce n’était que les Ecossais…

En ce qui concerne les trois-quarts, il faut surtout souligner la bonne intelligence d’ensemble qui a permis de marquer 2 essais, avant tout grâce à la capacité de François Trin-D’huc à aller jouer là où la défense adverse était en position de faiblesse par de longues passes sautées précises et dans le bon tempo, la bonne intelligence de Yannick Jauzion et Matthieu Bastareaud  à conduire l’attaque ainsi que la volonté de Vincent Clerc et la copie somme toute correcte de Clément Poitrenaud. Il faut souligner la réactivité des français sur chaque ballon récupéré, ils sont su immédiatement inverser le cours du jeu et mettre leurs adversaires en danger.

Les moins : Faiblesses physiques, manque d’opportunisme et ligne de trois-quart en chantier.

Comme je m’en inquiétais cette semaine, les rythmes infernaux du championnat ont eu des conséquences sur le rendement des joueurs tricolores. Pas assez pour les mettre en danger mais suffisamment pour les ralentir au moment de finir le travail et de mettre à mort la vachette Ecossaise. En soit ce ne serait pas grave si l’on n’était pas en début de compétition avec, en plus, un deuxième match, dans 6 jours exactement, contre des Irlandais dont les entraîneurs ont pu gérer la préparation physique de leurs joueurs exactement comme ils le souhaitaient. L’inquiétude reste, donc, de mise pour le prochain match…

Cette inquiétude est même renforcée par un autre élément notable lors de la rencontre face à l’Ecosse : la performance de notre troisième ligne. Je n’insiste pas sur Harinordoquy même s’il le mérite mais, ici, il est important de parler de l’association Dusautoir – Ouedraogo en 3ième ligne aile. Cette association était stratégiquement parfaite pour jouer une équipe d’Ecosse très dynamique et manquant de fait de puissance. Elle a permis de récupérer des ballons et de couper la dynamique adverse. Le problème, c’est que, sur ce match, les 2 troisièmes lignes ont récité la même partition. Etait-ce parce que les conditions de jeu le demandaient ou parce que ces 2 joueurs n’ont pas d’autre choix ? Il y a certainement un peu des deux, donc il n’y a pas de quoi s’inquiéter  par rapport à l’analyse de ce match ( par contre Fulgence Ouedraogo doit réduire le nombre de fautes commises, qui était trop important ce dimanche ) mais il y a, par contre, des questions à se poser en vue de l’Irlande. En effet, la semaine prochaine c’est Leamy, Wallace et peut-être Ferris qui débarquent avec une puissance de jeu qui dépasse largement la seule belle performance de Beattie. Thierry Dusautoir risque de se retrouver un peu seul pour lutter à armes égales avec les 3 mastodontes. Et comme, en plus, les problèmes défensifs français se sont souvent situés autour de François Trin-D’huc, les entraîneurs français se doivent de trouver des solutions si l’on ne veut pas que les Irlandais adoptent la technique Ecossaise avec, certainement, un autre degré de réussite.

Autre sujet d’interrogation : notre paire de centres et notre charnière. Yannick Jauzion et Mathieu Bastareaud ont été bons individuellement mais ne jouent pas encore comme une équipe. C’est normal parce que c’est l’un première association mais ça l’est aussi par ce qu’ils ne sont pas complémentaires. Les 2 sont plutôt lourds et il semblerait que sur les sorties très rapides des Ecossais, le replacement défensif n’a pas été parfait. Ils ont l’obligation d’améliorer  cela cette semaine car ce profile la paire O’Driscoll – D’Arcy qui, elle, a un sacré vécu commun.

Pour la charnière le problème est le même au départ, manque de complémentarité, mais avec un résultat quelque peu différent, difficulté à peser physiquement sur le match. Il n’y a rien de bien méchant à reprocher, ni à François Trin-D’Huc, ni à Morgan Parra mais leur association manque de poids pour être capable de ne pas subir les assauts adverses. Espérons samedi prochain que les avants français obligeront leurs adversaires directs à jouer à reculons et permettront de fixer la troisème ligne Irlandaise au ras, sinon gare…

Autre sujet d’inquiétude, ce dimanche, le manque d’opportunisme français qui s’est retrouvé 2 fois dans l’en-but Ecossais sans marquer, qui aurait dû tuer le match dans les dernières secondes de la 1ère mi-temps avec un 3ième essai et un autre à moins de 10 minutes de la fin. L’explication vient, à mon avis, encore une fois, d’un manque de fraîcheur physique d’ensemble qui permet aux défenseurs Ecossais de revenir alors qu’ils étaient battus.

Dernier point maintenant, la stratégie de jeu de l’équipe de France et plus particulièrement le manque de stratégie en 2ième mi-temps. Même si les Français étaient fatigués, ils pouvaient s’appuyer sur une excellente mêlée, la capacité de gratter des ballons dans les regroupements, de bons contres en touche et une bonne organisation pour porter les ballons. Il fallait donc obliger les Ecossais à jouer dans leur camp en n’ayant pas peur de sortir les ballons en touche. Il faut que, à la fois, les entraîneurs, Emile N’Tamack sur le bord du terrain, et le capitaine donnent les bonnes indications au reste de l’équipe. Ce n’était pas grave aujourd’hui mais il faudra faire mieux la semaine prochaine à ce niveau-là pour ne pas laisser les Irlandais prendre, seul, la conduite du match…

Présentation de France – Ecosse du 7 février 2010

Pour savoir quel est le principal obstacle pour l’équipe de France si elle veut démarrer le Tournoi par une victoire en Ecosse, cliquez sur la vidéo :http://www.vimeo.com/9178713

Pour rappel, la composition de l’équipe de France : Poitrenaud – Rougerie- Bastareaud- Jauzion – Fall- Trin-D’huc – Parra – Harinordoquy- Dusautoir- Ouedraogo – Pape – Nallet- Mas- Servat – Domingo. Remplaçants : Swarzewski – Ducalcon – Pierre – Bonnaire – Ellisalde – Marty – Clerc.

Equipe de France : le Tournoi de tous les dangers !

Je me pose beaucoup de questions sur la performance de l’équipe de France lors de ce Tournoi 2010.Oh, pas à cause du niveau de l’équipe qui nous a montré des choses intéressantes récemment ou des joueurs sélectionnés, non, mais plutôt à cause du calendrier complètement désarticulé du rugby français. Les joueurs qui attaqueront le Tournoi, ce dimanche, devront être performant physiquement alors que, en plus d’avoir déjà joué plus que leurs adversaires ( 26 matchs pour les clubs français jusque là ), ils auront dû se coltiner 2 matchs en semaine en plus de ceux du week-end, et ce en moins d’un mois. Or, lorsque l’on se rappelle comment les joueurs du Top14 avaient accusé le coup en 2007 lorsque cela était déjà arrivé, mettant 3 mois à retrouver un niveau de performance acceptable, il y a de quoi s’inquiéter sur l’état de forme de l’équipe de France au moment d’affronter des adversaires dont la fraîcheur physique est définitivement meilleure.

Une défaite en Ecosse serait un boulet à traîner pendant toute la compétition :

Comme l’an dernier, avec un déplacement en Irlande, l’équipe de France joue gros sur ce premier match. Une défaite et c’est immédiatement une énorme pression au moment de recevoir l’Irlande qui, elle, après une mise en jambe contre l’Italie, devrait arriver au Stade de France sure de sa force et en pleine condition physique. Difficile, dans ce cas-là, d’espérer pire démarrage ! Les français seraient obligé de réussir l’exploit, comme l’an dernier face au Pays de Galles, lui aussi vainqueur du Tournoi précédent par Grand Chelem mais, cette fois, avec le handicap d’une fatigue physique qui doit être encore plus forte. L’équipe de France a déjà perdu Mermoz, Traille, Barcella, Millo-Chluski, Tillous-Borde ( sans compter Dupuy ) et Chabal, série en cours et les trois-quarts Toulousains semblent bien moins fringant cette année que par le passé à tel point même qu’il n’y en a presque plus dans la composition d’équipe…

Alors, bien sûr, l’équipe de France est largement supérieure à l’Ecosse et, même diminuée physiquement, elle doit être capable de battre son adversaire. Ce qui permettrait de se donner quelques assurances avant de rencontrer une Irlande forte d’un Grand Chelem et d’une tournée d’automne plutôt satisfaisante. Mais, en même temps, les équipes du Munster et du Leinster se sont montrées bien poussives au moment de se qualifier pour les quart de finale de la H Cup. Il ne reste plus qu’à espérer, donc, que Mathieu Bastareaud reproduise la performance de l’an dernier face à O’Driscoll, cette fois, et que Thierry Dusautoir et le pack français prennent le dessus sur leurs adversaires directs, un match du tonneau de celui réalisé face à l’Afrique du Sud, pour que cela passe et que l’on rêve ensuite d’exploit du côté de Cardiff.

Quoi qu’il arrive ce Tournoi sera difficile et compliqué pour l’équipe de France et ce pour 2 raisons. La première, je l’ai déjà dit, provient de la fatigue supplémentaire qui pèse sur les épaules des joueurs français, au contraire de leurs adversaires qui gèrent leur calendrier en faveur de la saison internationale. La seconde provient du calendrier de la compétition en lui-même. Attaquer par une double confrontation celtique, déplacement en Ecosse, réception de l’Irlande alors que Marc Lièvremont retrouve juste ses joueurs c’est, bien sûr, compliquer encore la tâche française et ce, même si, maintenant, le fait d’avoir une ossature forte et donc stable, notamment pour les avants, donne des garanties de continuité dans la performance. Enchaîner ensuite au Pays de Galles est un sacré pari. Avec 2 victoires avant ce match, il serait certain que les français seraient suffisamment en confiance pour relever le défi de jeu que ne manqueront pas de nous imposer les Gallois. Sans cette confiance, la France se contentera sûrement de vouloir gagner le combat du défi physique et de l’organisation défensive en espérant ainsi étouffer leur adversaire et l’emporter. J’ai du mal à croire que les Gallois tomberont 2 fois de suite dans le même piège et subiront sur leur terre la loi imposée par la force des avants français.

En cas d’un scénario à 2 défaites, il ne resterait plus que le dernier match, contre l’Angleterre à St Denis, pour sauver positivement un Tournoi 2010 définitivement en demi-teinte au regard du potentiel français. Difficile pour le moment de prévoir à quoi ressembleront les Anglais à la fin du Tournoi. Martin Johnson continuera-t’il à faire les mauvais choix ou aura-t’il tiré les enseignements de ses erreurs ? Réponse dès le premier match…

Le vainqueur d’Angleterre – Pays de Galles comme favori du Tournoi :

Le favori du Tournoi 2010 devrait être le vainqueur du match Angleterre – Pays de Galles. En effet, si les Anglais l’emportent, après un déplacement en Italie qui devrait, tant bien que mal, être assuré, ils se retrouveraient en position de force pour recevoir une équipe d’Irlande qui sera passée par Paris et qui surtout, cette année, à un calendrier très défavorable. L’Angleterre, du coup, pourrait même se retrouver à jouer le Grand Chelem au Stade de France lors de la dernière journée. Difficile à imaginer en l’état actuel des choses et notamment au regard des erreurs du passé, mais ce pays possède un réservoir intéressant de jeunes joueurs qui évoluent dans des clubs structurés où ils ont acquis des bases physiques suffisantes pour appréhender le haut niveau. La difficulté repose maintenant dans la capacité du sélectionneur à composer la bonne alchimie pour que l’équipe de la Rose redevienne performante. Si elle passe l’écueil Gallois, le calendrier lui est ensuite favorable pour se redonner un rôle qu’elle n’a plus connu depuis longtemps.

Les Gallois doivent encore être frustrés de leur dernier Tournoi. Une victoire à Paris aurait tout changé et leur aurait certainement permis de disputer un nouveau Grand Chelem lors du dernier match face à l’Irlande. Ils se doivent une revanche et cela passe par Twickenham. Une victoire et les 2 matchs suivants sont à domicile, l’Ecosse et la France, ce qui permettre de monter en puissance avant d’aller en Irlande. Si celle-ci, dans le même temps, a connu des difficultés à Paris, les Gallois peuvent prendre leur revanche et rêver alors de Grand Chelem.

En parlant de Grand Chelem, même si j’ai plusieurs fois évoqué cette hypothèse et que les 4 nations majeures peuvent y prétendre, il me semble difficile d’imaginer une équipe arrivant, cette année, à le remporter. Il serait d’ailleurs drôle d’imaginer que la France face chuter l’Angleterre lors de la dernière levée. Ce serait, je suppose, une maigre consolation mais qui permettrait, certainement, à beaucoup de supporters tricolores de lever leur verre…

Un favori et 2 petits qui doivent jouer les troubles fêtes :

Un petit mot sur l’Ecosse et l’Italie qui peuvent faire mieux qu’être de simple faire valoir. Obligatoirement la France est LA cible privilégiée des Ecossais. En gagnant ce match, ils ont sauvé leur Tournoi dès le premier match. Pour les Italiens, la réception de l’Angleterre, pourquoi pas, si celle-ci vient de perdre contre le Pays de Galles, pourrait être le gros coup de l’année. La réception de l’Ecosse sera, bien sûr, le match à ne pas perdre parce que, pour le reste, cela sera très compliqué…

Le favori maintenant. Difficile cette saison de se prononcer au vu du calendrier qui ne favorise pas l’Irlande. Encore une fois, pour moi, le vainqueur d’Angleterre – Pays de Galles aura posé une option sur le classement final et même si la logique veut que ce soit les Gallois qui présentent le meilleur potentiel, j’ai tendance à penser que les anglais ne peuvent pas rester au fond du gouffre éternellement…

Top14 : Le Racing Métro sans limite ?

Encore une victoire pour le Racing Métro qui se retrouve à la 5ième place et vient d’accrocher à son tableau de chasse Clermont, Toulouse, le Stade Français, Biarritz à Aguilera et Toulon, excusez du peu. Avec en plus le Stade Français et Biarritz qui ont perdu, la qualification dans les 6 premiers semble très, très bien partie pour le club de la banlieue parisienne. Et pourquoi pas viser plus haut, alors ?

Des points forts très, très forts :

Pierre Berbizier a voulu assurer sur les bases de ce jeu : la conquête, le combat, l’organisation défensive, l’utilisation du jeu au pied notamment pour mettre son pression l’adversaire et jusqu’à maintenant la copie, à ce niveau, est presque parfaite. La conquête fait partie des meilleures du championnat à l’image de la mêlée qui, avec Baïocco en pilier droit, a fait souffrir la plupart de ses adversaires. La touche est bien organisée et la synchronisation lanceur – sauteur ne semble pas perdre au change lors des permutations Noirot – Festuccia- Diomande. Un alignement Nallet – Chabal – Dellape – Culine peut rivaliser avec n’importe quel adversaire même si le Racing Métro ne compte pas un sauteur de la trempe d’Harinordoquy – Bonnaire – Bouilhou ou Linde pour avoir la capacité de dominer totalement cet exercice.

C’est peut-être au niveau du combat et de l’organisation défensive que le Racing Métro reste le plus impressionnant cette saison. Les joueurs Parisiens sont arrivés jusqu’à maintenant à étouffer les véléités de tous leurs adversaires mis à part Perpignan. Et encore, si l’on prend le match retour face aux Catalans qui peut, d’ailleurs, servir de référence pour évaluer le niveau des ciels et blancs, on se rend compte que ceux-ci ont été capable de tenir tête à une équipe adverse poussée par un esprit de révolte suite à ses défaites successives, Munster et Toulouse, et qui a voulu  se rassurer justement au travers du défi physique et du combat. Pendant une heure, les Racingmen ont tenu la dragée haute à leurs adversaires et n’ont fini par lâcher que dans les vingt dernières minutes. Ce qui tend à prouver que sur cet aspect particulier du jeu, le Racing Métro peut faire jeu égal avec quasiment n’importe quel adversaire…

Des points faibles qui s’améliorent :

Les joueurs du Racing Métro ont réussi quelque chose de rare et de précieux : ils ont créé une véritable dynamique de la victoire, 9 en succession, qui leur permet, grâce à la confiance emmagasinée, de monter en puissance et d’augmenter le niveau naturel de leur jeu. Ainsi, ce qui était une vraie faiblesse en début de saison, l’animation offensive et le jeu de ligne, commence à prendre du volume et les parisiens semblent être capables de créer, par instant, un volume de jeu qui peut, avec des joueurs comme François Steyn, Sireli Bobo, Julien Saubade et même Henri Chavancy, Dan Scarbrough ou Poaki Vakaloa se révéler payant. Je dis par instant car, encore maintenant et malgré la confiance engendrée par les victoires, les trois-quarts parisiens ont tendance à se débarrasser trop systématiquement du ballon par du jeu au pied principalement long qui les empêche de conserver la balle et de tenter d’éprouver les défenses adverses par des successions de temps de jeu.

Il ne faut pas oublier la véritable révélation de cette saison avec la charnière qui, grâce à l’avènement de la paire Lorée – Wisnieski, permet à l’équipe de sortir d’un jeu  trop stéréotypé derrière. Leur titularisation a marqué le début de la montée en puissance des ciels et blancs, espérons pour l’équipe que Mathieu Lorée ne sera pas trop lourdement sanctionné pour ses fumeuses séances.

Une fin de saison qui dépend avant tout de la performance des grosses écuries :

En devant se rendre à Toulouse, au Stade Français en plus de Montauban et Montpellier, soit 4 déplacements pour seulement 3 matchs à domicile, le Racing Métro a une fin de parcours un peu plus difficile que ses adversaires. Il parait donc difficile pour les Parisiens de viser mieux que la 5 ou 6 ième place au classement, synonyme de match de barrage à l’extérieur contre une équipe à choisir certainement entre Toulouse et Perpignan ou Castres et Toulon. Soit 3 équipes où l’avantage du terrain est loin d’être neutre et une quatrième, Castres, dont la montée en puissance actuelle la rend invaincue sur ses terres. Difficile alors d’espérer atteindre les demi-finales mais pourquoi pas réussir l’exploit du côté de Montpellier et Montauban en plus de battre Castres, Brive et Biarritz à domicile ? Le Racing Métro serait alors en position de force pour atteindre le dernier carré et défier les gros bras que seront certainement, cette année encore, Toulouse, Clermont et Perpignan. Quelles sont alors les chances des ciels et blancs ?

Au niveau des demi-finales, il faut obligatoirement tenir compte de la situation dans son ensemble et notamment de la configuration du camendrier de la HCup. Il est évident que si 1 ou même 2 clubs français se qualifient pour la finale de la Coupe d’Europe qui se jouera la semaine suivante au Stade de France, cette situation ne serait pas neutre quant au comportement de cette même équipe dans le cas où le Racing Métro la rencontrerait en demi-finale. Difficile d’être l’esprit totalement à la demi alors que la finale Européenne se profilerait en suivant. Là, bien évidemment, je fais référence à Toulouse et peut-être à Clermont ( le quart de finale au Leinster me semble quand même un sacré obstacle ). Si l’adversaire se nomme Perpignan, ce serait une toute autre histoire car les Catalans joueraient la réussite de leur saison sur une nouvelle accession en finale et deviendraient, du coup, très dur à battre en demi.

En résumé, le Racing Métro a les armes, défense, combat et conquête, pour être l’outsider des phases finales qui se révèlent généralement fermées en termes de jeu, donc adaptées aux points forts des ciels et blancs. Cela passe néanmoins, d’abord, par un parcours presque parfait lors des 7 derniers matchs, histoire de s’assurer un match de barrage à domicile et, ensuite, par des adversaires de gros tonnage incapables de hisser leur niveau de jeu suffisamment pour imposer un volume de jeu important à une défense du Racing Métro qui finirait par s’user au fil du match.

La logique voudrait donc plutôt que le Racing Métro s’arrête au stade des barrages mais l’histoire de cette équipe a prouvé, dans le passé, que logique et Racing ne faisaient pas souvent bon ménage…

L’Equipe Top14 de Bénézech du 29 janvier 2010

A la suite des matchs du Top14 de cette semaine, voici les 15 joueurs dont la performance m’a impressionné. Grand vainqueur l’Aviron Bayonnais qui n’avait pas joué comme cela depuis longtemps et place 3 joueurs. Toulouse fait aussi bien dans des conditions très difficiles suivi de près par Castres et Perpignan avec 2 joueurs chacun. Brive, Toulon et même le Stade français ferment la marche avec 1 joueur chacun. Dommage pour cette fois pour Montpellier, Bourgoin, Montauban, Clermont, Biarritz, Albi, mais il faudra faire mieux la prochaine fois…

Equipe de Bénézech du 29 janvier 2010 :

Arrière : Michel ( Perpignan )
Ailiers : Peyras ( Bayonne ) –  Andreu ( Castres )
Centres : Fritz ( Toulouse ) - Bastareaud ( Stade Français )
Ouvreur : Edmonds ( Bayonne )
Demi de mêlée :  Durand ( Perpignan )
3ième lignes : Claassen ( Brive ) - Masoe ( Castres ) - Fernandez-Lobbe ( Toulon )
2ième lignes : Nallet ( Racing-Metro ) - Maestri ( Toulouse )
1ère Lignes :  Baïocco ( Racing Métro )  - Heguy ( Bayonne ) - Human ( Toulouse )

Chaque semaine je vous propose mon équipe de la semaine avec les 15 joueurs qui m’ont semblé être les plus performants. Vous n’êtes pas d’accord ? Pas de problème ! Envoyez-moi dans votre commentaire le nom du joueur ( un seul nom par commentaire s’il vous plaît ! ) qui vous parait victime d’une injustice de ma part et rendez-vous chaque mercredi, j’intégrerai dans mon équipe les joueurs qui auront reçu le plus de vote de votre part !