Les enseignements de Perpignan – Clermont

chronique du lundi 27 avril 2009.

L’opposition entre Perpignan et Clermont pourrait être, qui sait, celle qui décidera du nouveau champion de France, le 6 juin prochain. Du coup, il est intéressant de tirer les enseignements de ce match qui donne des indications certaines sur le potentiel de ces deux équipes.

Clermont remporte le match des physiques !

Clermont a impressionné les observateurs par la solidité de son pack en plus de sa capacité à développer un jeu ouvert et dynamique. Avec les retours de Scelzo et Zirakaschvili en pilier droit, celui de Cudmore placé en troisième ligne aile, l’utilisation de Vermeulen comme impact player, les bons matchs de Emmanuelli, Jacquet et Cabello, les avants Clermontois ont pris le dessus sur leur adversaire Catalan qui, à ce niveau-là, justement, sont en plein doutes. La mêlée de la 48ième minute près de l’en-but Auvergnat où, une nouvelle fois, Nicolas Mas a décollé du sol prouve que Clermont possède à nouveau un pack capable de mettre à mal les meilleurs adversaires. C’est ce qu’il a manqué toute cette saison aux jaune et bleu pour être capable non seulement d’avoir des bons lancements de jeu mais aussi d’avoir de l’alternance entre pénétration et contournement. Si les avants Auvergnats sont de nouveau puissants et durs au mal, Clermont redevient, de fait, une équipe redoutable et dangereuse pour la fin de saison.

Côté Perpignan, c’est plutôt la soupe à la grimace au niveau des avants. En étant moyen en mêlée et en touche, les Catalans sont dans le doute sur ce qui était, jusqu’alors, un de leur point fort. Nicolas Mas a, peut-être, besoin de souffler un peu en prévision des demi-finales ??? De plus, la perte de Hines, sélectionné par les Lions Britanniques, est, bien sûr, préjudiciable pour le rendement en touche. Difficile de savoir où est le mal mais, en tout cas, obligation de travailler dur dans la période qui reste avant les demi-finales pour se remettre au niveau qui, il y a encore quelques semaines, faisait que Perpignan était craint pour la force de ses avants. Côté trois-quarts, ce n’est pas non plus totalement parfait. Si le retour de Julien Laharrague fait du bien à la ligne de trois-quarts à un poste d’ouvreur où la perte de Dan Carter fera cruellement défaut jusqu’à la fin de saison, le coup de moins bien de Maxime Mermoz qui a été si brillant, jusque là, vient tempérer tout optimisme. Maxime Mermoz a vraiment été le régulateur de la ligne de trois-quarts, c’est grâce à lui que le jeu Catalan a été si bien équilibré cette saison et que la différence est aussi venu des extérieurs, il est donc essentiel pour l’équipe qu’il soit à son meilleur niveau pour les demi-finales. Un peu de repos cette semaine devrait le relancer pour la dernière ligne droite.  Enfin, on peut souhaiter aux Catalans que la perte de Adrien Planté, excellent samedi, soit compensée par l’explosivité de Julien Candelon…

Perpignan remporte le match du mental !

Perdre un match alors que l’on mène 16 à 6 à un quart d’heure de la fin relève presque de la faute professionnelle. Les Auvergnats ont certainement manqué de caractère pour se maintenir hors de portée de leur adversaire. Et quant on connaît le passé de l’équipe, à ce niveau-là, on peut  se poser de suite la question de la capacité mentale de cette équipe à être championne de France. A la décharge des Auvergnats, les absences de Pedro Ledesma qui aurait pu tactiquement peser sur le match s’il avait été sur le terrain plus tôt ( rentré après que Perpignan soit repassé devant au score ) et de Napoleoni Nalaga qui, s’il avait été là, aurait peut-être permis à Clermont de ne pas avoir à attendre la 61ème minute pour marquer son premier essai, tellement l’équipe a dominé son adversaire dans la première partie du match. Mais avec des si Clermont serait triple champion de France depuis longtemps et, ce samedi, les faits sont accablants. Un véritable potentiel champion de France ne se laisse pas remonter au score de cette manière et en si peu de temps !

En remportant ce match, les Perpignanais se sont évités une crise de nerf qui aurait été désastreuse à quelques encablures des demi-finales. Les Catalans ont du courage et du caractère mais ça on le savait, rien de nouveau sous le soleil méditerranéen. Ce que je pensais de cette équipe jusque-là, c’est un peu envolé en l’espace de 2 matchs. Pendant plusieurs mois, les Catalans ont prouvé qu’ils avaient passé un cap. Que Dan Carter avait amené un plus psychologique et que l’équipe s’était mis dans le sens de la marche, s’achetant un moral de vainqueur et se donnant les moyens de prendre le dessus sur leurs adversaires. Un point était significatif a ce sujet. La capacité des Catalans à ne plus se faire pénaliser fréquemment et donc à ne plus donner à leur adversaires les armes pour les battre. Or, depuis 2 matchs au moins, ce mal endémique est de retour. Autant à Biarritz que contre Clermont, les Catalans se sont fait souvent punir, ce qui a deux conséquences. La première de remettre leur adversaire dans le match  en leur offrant généralement quelques points au passage et la deuxième de casser les enchaînements Catalans en redonnant trop souvent le ballon à l’adversaire. Les deux conséquences combinées font que Perpignan ne peut espérer gagner sa demi-finale en l’état. Ils se doivent à tout prix de corriger le tir pour ne pas, comme dans le passé, se pénaliser eux-mêmes.

Et si le grand vainqueur de ce match, c’était Toulouse ?

Au vue des faiblesses côté Catalan et Auvergnat, on peut se dire que finalement, les Toulousains en voyant ce match se sont sentis plutôt rassurés, voyant des faiblesses dans la cuirace de chacune de ces deux équipes. C’est vrai que ma déception première par rapport à ce match est que, en l’état actuel des forces en présence, Auvergnats et Catalans, même s’ils représentent un potentiel intéressant, présentent de trop grandes faiblesses pour se hisser au niveau d’équipes comme Toulouse et même pourquoi pas Paris au moment de tuer le match et de faire la différence quand le moindre détail compte. J’espère me tromper mais j’ai l’impression que ces deux outsiders ont intéret à mettre les bouchées doubles dans les queslques semaines qui restent avant les demi-finales. Côté Perpignan, travailler les bases que sont la conquête et la défense en étant très concentré pour ne pas commettre de fautes et côté Clermont, responsabiliser les cadres de l’équipe que sont Ledesma, Vermeulen, Audebert, Mignoni et Rougerie pour prendre en main les destinées de cette équipe et lui faire passer un cap psychologique…

Commentaires (1)

steynthebest30 avril 2009 à 15:01

A propos de Clermont, le cap psychologique dont vous parlez à la fin de votre article, ou du moins une partie, n’a-t-il pas été franchi avec la victoire au stade de Françe?En effet, jamais les jaunards n’avaient gagné sur ce terrain.Et dans les interview d’après match, les joueurs avaient l’air d’y accorder de l’importance…

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