Et si Paris surprenait tout le monde ?

Chronique du 7 avril 2009

Je sais, toute la presse s’est jetée sur les Parisiens comme la misère sur le bas clergé analysant, à la suite de cette nouvelle défaite au Stade de France, tous les maux et soubresauts que les Parisiens ont subi depuis le début de la saison comme les raisons actuelles de leur contre-performance.  Mais si tout cela n’était que de l’histoire ancienne et  si le match contre Clermont était, en fait, le début du réveil Parisien ?

Des problèmes structurels toujours présents :

Il n’y a que le président Guazzini pour croire que le Stade Français peut continuer à fonctionner en l’état avec des structures dignes d’un club de série régionale et une gestion du recrutement qui se fait plus à la tête du client que dans une vraie stratégie ( j’exagère car je dois reconnaître que Max Guazzini est un bon dénicheur de talent mais il manque d’équilibre dans la construction de l’effectif  ). Du coup, l’effectif Parisien est bancal dès qu’un cadre se blesse, exemple de Papé en 2ième ligne, et, sans victoire, la vie au quotidien des joueurs Parisiens baladé d’un site d’entraînement à un autre ne peut être que morose et stressante. Ce n’est, bien sûr, pas nouveau et Paris a déjà été Champion de France dans ces conditions.

Max Guazzini doit enfin comprendre l’importance d’avoir un outil de travail comme un centre d’entraînement tout en un. Que ce soit pour le message d’excellence envoyé à ses joueurs ou, tout simplement, pour la meilleure qualité du travail. Mais ça, c’est pour le futur. En ce qui concerne cette fin de  saison, la performance de l’équipe passe par celle des joueurs, évidemment.  

Un gros problème dans le staff qui dirige l’équipe :

Ca, c’est le gros point noir de la saison, côté Parisien. Entre un entraîneur général qui, aux dires des joueurs ne va pas très souvent sur le terrain diriger l’entraînement, et des entraîneurs adjoints qui n’adhèrent pas à son discours ( c’est même un euphémisme pour Christophe Dominici qui, apparemment, se verrait bien calife à la place du calife ) il y a depuis longtemps un gros problème à ce niveau-là. Est-ce qu’il peut être résolu avant la fin de la saison ? Pas sûr car cela obligerait Max Guazzini à trancher dans le vif et je ne suis pas certain que le président Parisien le souhaite. Par contre, ce qui est indispensable pour l’équipe si elle veut redevenir performante c’est que les joueurs prennent le pouvoir. Ainsi, ils éloigneraient l’impression négative dégagée par les dissonances de l’encadrement et même, d ‘une certaine manière, ils mettraient ceux-ci d’accord même si c’est contre leurs grès.

Le retour d’Augustin Pichot peut être, à ce niveau-là, décisif. Le joueur Argentin n’est de toute façon pas du style à se soumettre et, s’il a bien analysé la situation et les divergences de l’encadrement, il provoquera une réaction des joueurs qui parait être la seule solution pour recréer un équilibre sain face à un trio où Fabrice Landreaud a certainement inconsciemment un peu la tête ailleurs, où Christophe Dominici a peut-être un peu trop la tête sur son plan de carrière et Ewen Mc Kenzie un peu trop la tête et la méthode sur ce qu’il a faisait en Australie…

Un raté dans la préparation physique bientôt effacé :

Pour avoir connu la même situation lorsque je jouais aux Harlequins, je pense que le principal problème du Stade Français cette saison, c’est la préparation physique ratée. En ayant adopté le modèle Australien axé uniquement sur la vitesse et l’explosivité les Parisiens n’ont pas travaillé sur l’endurance qui est une composante essentielle de la préparation, surtout en France où la saison est interminable. Résultat, après un début de saison réussi car l’équipe fut tout de suite performante grâce à sa puissance et son explosivité, justement, elle a ensuite marqué le pas, essentiellement parce qu’elle manquait d’endurance et n’était plus capable d’enchaîner les matchs et de changer de rythme à l’intérieur de ceux-ci. Ce qui explique les difficultés du Stade Français au coeur de l’hiver.

Par contre, bonne nouvelle pour les Parisiens, lors de ma saison aux Harlequins, il y avait eu un mieux sur la fin de saison. Le fait d’avoir accumulé des matchs permet, bien sûr, aux joueurs de se remettre à niveau en ce qui concerne l’endurance et le fait que les autres équipes, celles qui, en plus d’avoir beaucoup joué, ont aussi beaucoup travaillé à ce niveau-là, sont, sur cette dernière partie de la saison, dans une phase de gestion de la fatigue , ce qui peut les rendre un peu moins performantes physiquement que sur la période entre octobre et mars. Du coup, les Parisiens devraient pouvoir finir la saison en boulet de canon physiquement et c’est d’ailleurs, surprise, surprise, ce que j’ai eu l’impression de voir samedi dernier, au moins sur l’ensemble de la première mi-temps et même une partie de la seconde.

Une organisation défensive de fer :

Attention à ne pas enterrer Paris trop vite car ce que j’ai vu samedi en termes d’engagement physique et surtout d’organisation défensive m’a plu. J’ai eu l’impression, pendant une grande partie du match, de retrouver le Paris conquérant d’il n’y a pas si longtemps, capable de faire plier ses adversaires par la puissance de ses joueurs et l’organisation sans faille de sa défense. Il ne faut pas s’y tromper, malgré sa domination et sa volonté de prendre le jeu à son compte, Clermont ne marque son 1er essai qu’à la 43ième minute après une touche jouée rapidement qui permet à Malzieu de profiter justement du fait que la défense n’ait pas eu le temps de se replacer.

Ce qui a vraiment handicapé Paris sur ce match, c’est le nombre de ballon rendu à l’adversaire en touche et le nombre des fautes commises. Même si votre équipe possède la meilleure défense du monde, vous ne pouvez pas faire que défendre dans un match. Pour dominer Clermont, les joueurs du Stade Français auraient eu besoin de quelques ballons de plus, ceux perdus en touche, et, surtout, de ne pas permettre à leurs adversaire de souffler grâce à leurs fautes trop fréquentes ( sans même parler de celles qui ont offert des points à Clermont ). 

Quant on voit la petite différence au final et que l’on met en colonne Débit tout le déchet engendré par la touche et les pénalités, il y a de quoi reprendre espoir côté Stade Français. L’effectif composant l’équipe est suffisamment expérimenté pour être capable de corriger le tir quasi-immédiatement au niveau de la discipline s’il le désire vraiment ( d’où l’importance aussi pour les joueurs de se prendre en main ). De plus, si l’équipe commence à aller mieux physiquement et si la victoire revient, les fautes disparaîtront naturellement grâce à la confiance retrouvée des joueurs dans leur organisation. Pour la touche, il y a, bien sûr, obligation à multiplier les séances de travail mais avec le retour de Papé en plus des Rabadan, Leguizamon, Marchois et Auradou, l’effectif Parisien a de quoi être performant et Dimitri Szarzewski n’est pas devenu un mauvais lanceur en l’espace de quelques semaines. Pour la mêlée, avec Sylvain Marconnet à droite dès le début du match, il n’y a pas de soucis particulier à avoir.

Une organisation offensive à parfaire :

Autant j’étais critique sur la capacité d’attaque des Parisiens ces derniers temps, autant j’ai vu du mieux de ce côté là ce week-end. Augustin Pichot a été capable, à ma surprise, d’amener une accélération au niveau de la transmission et a surtout fait de bon choix dans l’animation offensive. Sur 50 minutes par match, il peut énormément apporter à ce niveau-là. Ensuite, le repositionnement de Gasnier à l’aile et le choix d’une paire de centre Messina – Bastareaud, même si tout n’est pas parfait, loin de là, s’est révélé plutôt judicieux.

Il est évident que le retour de Juan-Martin Hernandez, qui plus est, reposé, sera un plus pour l’équipe. Sa position posera, bien sûr, débat. Comme il serait dommage de se priver d’un Beauxis bon animateur de la sa ligne de trois-quart, le prodige Argentin pourrait finir la saison à l’arrière, poste où il sera encore plus libre pour amener sa créativité et sa vitesse à une équipe qui en manque un peu cette saison sur les extérieurs. Ainsi aussi, les défenses adverses sera moins polarisées sur les zones proches des points de rencontre et auront tendance à mieux s’étaler sur la largeur, ce qui offrira des opportunités à une 3ième ligne Parisienne trop surveillée actuellement pour peser sur les matchs et faire la différence.

L’obligation d’un esprit commando :

Les Parisiens ont 4 matchs pour retrouver une dynamique de la victoire avant leur demi-finale et se forger un esprit de corps pour réussir une bonne fin de saison. Il est indispensable qu’une équipe type se dégage, plus exactement un groupe de 22 où deux ou trois permutation sont possibles selon les adversaires, et que celle-ci se construise une histoire en enchainant 4 victoires avant les demi-finales. Montpellier à Jean Bouin, déplacement à Castres, réception de Biarritz et déplacement à Bayonne, d’une certaine manière c’est le calendrier idéal pour préparer les demi-finales. Aux joueurs Parisiens d’inverser maintenant le cours des choses en prenant le pouvoir aussi bien dans le vestiaire que sur le terrain.

Commentaires (1)

Bibi8 avril 2009 à 9:28

Bonjour,

Je suis d’accord avec votre analyse notamment sur le fait qu’il faudrait enfin dégager une équipe type. Le fait de changer de composition à chaque match ne doit pas les aider. Certes, il faut tenir compte des blessures mais quand même. Je penses à Boussès qui a fait toute la ligne de trois quart alors qu’on aurait peut être dû le fixer à l’arrière en attendant le retour d’Hernandez, plutôt que de faire appel à Jeanjean qui est assez décevant. Idem pour Gasnier, allant de l’aile au centre pour revenir à l’aile. Marconnet remplaçant contre Clermont et Parisse qui joue les 10 dernières minutes. Mauro Bergamasco qui veut désormais plus jouer au pied qu’à la main, embêtant pour un 3e ligne…Bref, je pense que le stade a les moyens de bien terminer la saison mais il va falloir une équipe type pour les automastismes et esprit commando pour la détermination. Mais n’est-ce pas la particularité du Stade Français ?

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