Equipe de France, ce n’est pas prêt de s’arranger !

De grosses erreurs de casting !

Déficit de puissance en 3ième ligne :

Avant le match, on pouvait craindre que la 3ième ligne française composée de Harinordoquy, Ouedraogo et Dusautoir manque de puissance face à un adversaire très armé à ce niveau-là. Le staff a tenté un coup de poker en renforçant son alignement pour contrer son adversaire en touche et le priver de ballon. Le problème c’est que, en face, non seulement l’Irlande possède un des 3 meilleurs preneurs de balle au monde avec Paul O’Connell mais, en plus, 6 joueurs du pack jouent toute la saison ensemble avec le Munster. Autant dire que l’organisation en touche est, chez eux, trop parfaite, pour qu’avec une semaine d’entraînement, les Français soient capables de les contrer. Coup de poker raté, donc, qui s’est, en plus, transformé en handicap rédhibitoire tout au long du match !

Chabal à l’aile, la vie est belle !

Positionner Chabal en deuxième ligne pour ensuite lui demander d’occuper, sur le terrain, le rôle d’un 3ième ligne, quel coup de génie ! J’avoue que je n’y aurais jamais pensé ! Ça a, effectivement, très bien marché en attaque, beaucoup moins dans le combat et sur les points de rencontre. Du coup, les Français ont encore plus subi le défi physique alors que leurs adversaires avaient décidé de leur imposer l’épreuve de force au près. Est ce qu’il n’aurait pas été plus simple de mettre d’entrée une seconde ligne Millo-Chlusky Nallet bien équipée pour le combat et mettre Chabal en 3ième ligne centre entouré de Harinordoquy et Dusautoir ?

De cette façon, l’équipe de France aurait toujours proposé un alignement à 4 sauteurs tout en renforçant à la fois son 5 de devant dans le combat et sa 3ième ligne en termes de puissance. Mais, c’est sûrement une solution trop simple pour être envisageable et puis, surtout, il aurait fallu admettre finalement que, le meilleur troisième ligne Français, c’est Sébastien Chabal…

Des fautes trop nombreuses qui viennent avant tout de ce déficit de puissance :

Il ne faut pas s’y tromper. Si les joueurs Français ont été plus pénalisés que leurs adversaires, cela vient d’abord de ce déficit de puissance qui les a obligés à subir sur les points d’impacts. Du coup, soit les joueurs tricolores se trouvaient isolés dans la marée verte soit ils ressentaient une certaine frustration qui, progressivement, les poussaient à faire des fautes. Résultat à chaque fois, pénalité contre la France. Perdre le combat à bien des conséquences, notamment sur le nombre de pénalités sifflées à son encontre !

 

Des joueurs Français en manque de fraîcheur physique et de travail collectif :

Mis à part les joueurs qui ont été longtemps blessés comme Poitrenaud et Fritz, les meilleures armes offensives de la France que sont Yannick Jauzion et Cedric Heymans marquent actuellement le pas et l’équipe de France souffre de fraîcheur physique face à des joueurs comme les Irlandais qui gèrent leur saison et jouent beaucoup moins que leurs adversaires. Le problème risque de se reproduire contre l’Ecosse et le Pays de Galles, matchs qui, heureusement, arrivent tôt dans le Tournoi.

Jouer contre une équipe qui sélectionne ses joueurs à partir principalement de 2 provinces a encore plus insisté sur le déficit d’entraînement de l’équipe de France par rapport à ses adversaires. La différence entre les 2 équipes au niveau de l’organisation en touche était criarde ce week-end et s’explique principalement par le fait que 6 joueurs Irlandais viennent du Munster et ont, donc, la possibilité, à longueur d’année, de s’entraîner ensemble. Soit.

Le même constat peut aussi être fait vis à vis des Ecossais, des Gallois et des Anglais. Toutes ces équipes s’entraînent beaucoup plus que ne le fait l’équipe de France.

Si les bleus auront, à la fin de la compétition, une certaine cohésion après ces 7 semaines de vie commune, le problème, c’est que c’est à l’entame du Tournoi qu’il aurait fallu l’avoir ! Quand on voit le récital offert par les Gallois face à l’Ecosse, il est certain que les joueurs du poireau ont travaillé dur collectivement depuis les matchs de l’automne pour continuer à améliorer leur jeu. Nous, avec, un stage de 3 jours pour tout viatique, nous arrivons dans la compétition en rodage, capable d’être performant sur l’axe de travail de la semaine, le jeu d’attaque, et défaillant sur tout le reste.

 

La France, au mieux 7ième nation mondiale !

La France a le potentiel pour être une des meilleures équipes du monde. Mais tant que sa gestion reposera sur le bricolage à la petite semaine, il ne faut pas espérer mieux que la 7ième place dans la hiérarchie mondiale. Car si l’organisation de la saison de l’équipe tricolore n’a pas progressé ces 5 dernières années, il n’en est pas de même de nos adversaires. Ceux-ci travaillent de plus en plus collectivement sous forme de stages tout au long de la saison pour attaquer les compétitions avec des collectifs dont la cohésion est affirmée et performante. On vient de le payer comptant en Irlande, il est à craindre que l’expérience ne se renouvelle contre le Pays de Galles…

Commentaires (3)

steynthebest9 février 2009 à 10:40

Bonjour Mr Bénézech.
Quelle sévèrité de votre part!!!Vous avez raison sur les points énoncés dans votre chronique, mais vous ne parlez pas des points positifs à savoir:
-le jeu au pied de Beauxis qui, bien que peu utilisé, a été efficace (excepté ce dégagement raté qui amène le 3eme essai Irlandais de d’Arcy).
-la charnière qui malgrès son inexpérience a tenu le coup (à noter la bonne entrée de Parra).
-l’animation offensive qui a souvent mis en danger le XV du trèfle.
-la conquète: mêlée qui a fait mieux que résister, et enfin la touche à qui on promettait un calvaire et qui, même si elle n’a pas contrarié son adversaire, a assuré.
Maintenant pour en revenir aux points noirs de cette rencontre, il me semble que le plus gros a été (comme lors du dernier tournoi) d’être trop joueur, trop relanceur…En effet à vouloir remonter tous les ballons à la main, notre trio arrière s’est isolé et donc s’est mis en danger.De plus quand on a un joueur avec la qualité de jeu au pied de Beauxis, il est curieux de ne pas s’en servir pour renvoyer ses adversaires dans leur camp.Enfin, bien évidemment l’indiscipline.A ce propos, l’arbitrage m’a parru curieux….Mais je sais bien que l’on n’est pas au foot et qu’il ne faut pas discuter….

Luc9 février 2009 à 14:30

Bonjour,

Je ne serai pas aussi catégorique sur la « relance », elles n’ont que très rarement mis l’edf dans une situation délicate. Pour moi, le gros point noir est le manque d’agressivité dans les rucks et le soutien tardif, la touche très moyenne; bref une deuxième ligne assez faible en fait.

luc

steynthebest9 février 2009 à 20:01

Réponse à Luc:
Vous parlez de « soutient tardif », donc lorsque certaines relances ont échoué (ce qui malheureusement a été le cas…), cela a forcément mis en danger la France…De plus vous ne parlez pas de l’indiscipline???J’ai revisionné le match et j’ai été frappé de constater que pratiquement à chaque fois que nous marquions, sur le renvoi qui suivait et après avoir assuré la récéption, nous étions pénalisés.La plus « cruelle »: en fin de match où après la pénalité de Beauxis qui nous ramène à un essai transformé (répétition du scénario de 2007!!!), Heymans se fait sanctionner pour avoir conservé le ballon au sol…Sans cela, qui sait si un nouvel exploit n’aurait pas été possible…

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