Allez Oyonnax !
Chronique du lundi 25 mai 2009.
Dans la finale de ProD2 qui va décider de l’équipe qui, la saison prochaine, accompagnera le Racing Metro en Top14, il faut à tout prix encourager Oyonnax. Explications.
Un Top14 trop consanguin.
La raison de mon choix vient uniquement de la situation géographique des 2 équipes et non d’une inclinaison basée sur les goûts et les couleurs. Ceci d’autant plus que j’ai beaucoup de respect pour l’entraîneur Albigeois, Eric Béchu. Il est important pour le rugby français qu’un club situé dans une zone géographique très peu représentée, l’est de la France, accède au Top14, ce qui donnera à la compétition nationale une meilleure représentativité sur l’ensemble du territoire plutôt qu’un nouvel club dans le Tarn. En effet. Si l’on prend la zone Sud-Ouest dont le coeur est Toulouse et le diamètre d’à peu près cent cinquante kilomètres, cela fait déjà 5 clubs de Top14 : Montauban, Castres, Brive, Perpignan, en plus du Stade Toulousain et 8 clubs de ProD2 : Albi, Auch, Colomiers, Agen, Pau, Narbonne, Tarbes et Aurillac. Suffisamment à ces 2 niveaux pour évoquer un phénomène de consanguinité dans le rugby français. Même s’il n’est pas question de contester un phénomène historique qui est une des spécificités notoire de ce sport, il faut souhaiter que notre rugby s’étende au maximum sur tout notre territoire et pour cela aille frapper du côté de l’Ain avec cette équipe d’Oyonnax.
De toute façon, la montée d’Oyonnax n’aurait rien d’injuste, tant cette équipe a su se faire respecter en ProD2 et a, depuis plusieurs saisons, généralement toujours figuré dans la première partie du classement. Forte sur ses bases, avec un bon buteur et une intelligence de jeu lui donnant la capacité de prendre les bonnes occasions de marquer, les joueurs d’Oyonnax ont toujours montré un potentiel intéressant qui pour certains comme Missoup, le troisième-ligne qui se révèle à Toulon, s’exprime maintenant en Top14.
Oyonnax en top14, une cause perdue d’avance ?
Rien n’est bien sûr joué dans l’accession entre Albi et Oyonnax. Il y aurait même un certain avantage aux Albigeois qui, entre leurs expériences passées dans le Top14 ainsi que de ses matchs couperets, auront les armes pour remporter une finale à couteaux tirés. Le coeur des joueurs d’Oyonnax devra compenser leurs manques à ce niveau. Ils ont réussi un exploit en l’emportant à Agen, ils doivent être maintenant persuadé qu’ils peuvent battre un adversaire qui ne s’est sorti du piège Rochelais que grâce à un décompte de pénalités qui a joué en leur faveur.
Le problème, c’est de savoir si Oyonnax a une chance d’exister ensuite au niveau supérieur. Avec un budget annoncé cette saison à 5 millions d’euros et une ville de 23 000 habitants comme soutien, le défi semble de taille, c’est vrai. En même temps, le défi était le même, cette saison, pour des équipes comme Mont de Marsan et Dax qui, même si elles sont reléguées, ont fait mieux que se défendre en Top14. Et puis, de toute façon, si ce n’est pas Oyonnax qui monte, ce sera Albi qui connaitra exactement les mêmes problèmes pour assembler un budget conséquent et une équipe compétitive.
Dans la course aux partenaires, Oyonnax possède, par rapport à son adversaire Tarnais, un double avantage né de sa localisation. En étant dans la région dîte de la plastics vallée ( celle où se trouvent près de 1500 entreprises travaillant dans le domaine de la plasturgie ) et en se trouvant dans une zone géographique excentrée par rapport au centre névralgique du rugby, le club d’Oyonnax semble avoir une plus grande capacité à attirer des partenaires locaux et nationaux que son adversaire Albigeois qui a, à moins de 60 kilomètres, Castres et Montauban pour lui enlever des sponsors de proximité.
Oyonnax représente un défi intéressant pour le rugby français. Avoir une équipe de premier plan dans une région qui n’est pas historiquement forte mais où la culture rugby est, depuis longtemps, développée serait une formidable aubaine pour la LNR qui pourrait offrir à ses partenaires une carte de France des clubs qui s’étende mieux sur une zone géographique certes très attachée au sud de la France mais qui couvrirait bien la largeur d’ouest en est. C’est d’autant plus important à un moment où Bourgoin connait des problèmes financiers et sportifs et où Lyon et Grenoble n’arrivent pas à franchir la dernière marche. Alors, dimanche, pour l’intérêt supérieur du rugby, il faut crier : Allez Oyonnax !
J’avais laissé chez toi 6 bouteilles de Bordeaux estampillées « Cuvée Bataillon de Joinville 1991″. J’espère que tu ne les a pas toutes vidées!